• À sauver
En juin dernier, Sébastien Prugnard de Combrailles (Puy-de-Dôme) a remarqué à Saint-Avit (même département) ce Berliet 770 KB de juin 1976 équipé d’une tribenne Marrel. Stationné derrière la carrosserie GIAT, le véhicule est rempli de pneus usagés. En apparence, il est complet mais sa cabine a déjà été abîmée par son exposition aux intempéries. Animé par un quatre cylindres MD 04.20.30 B de 5,889 litres et 135 chevaux SAE associé à une boîte ZF S 5.35/2, le 770 KB est réceptionné à 10,990 tonnes de PTC en décembre 1972. Équipé de la nouvelle cabine basculante KB 2200, il remplace le 770 K à cabine fixe qui avait lui même succédé en même temps aux GAK 65 et Stradair 40. Co-leader du marché avec le Saviem JP 11, le 770 KB sera un succès commercial. Il sera fabriqué à plus de 6 700 exemplaires jusqu’en 1979.

• Bientôt restauré ?
Entre Chartres (Eure-et-Loir) et Étampes (Essonnes), Renault de Tigreville de Deauville (Calvados) a découvert ce camion Unic P 12 R Vercors en attente d’une restau-ration. Réimmatriculé en février 1977, il est équipé d’une benne céréalière Pillot en acier. Décrépite en surface, sa carrosserie semble cependant très saine. Introduit en juillet 1966, le P 12 R prend la suite du MZ 97 Vercors dont il reprend le nom. Son PTC est augmenté de 17,8 tonnes à 18,2 tonnes, soit 200 kg de plus que son principal concurrent, le Berliet GLR 8 RM3. Il dispose du nouveau six cylindres M 42 S de 8,075 litres et 200 chevaux SAE, le même que sur le P 200, assortie de la même boîte Unic à huit rapports avec relais médiateur.

• Fin de carrière en carrière
En 2015, François Giraudet de Chantelle (Allier) a photographié ce MAN 32.281 DH 6 x 4 qui circulait en circuit fermé dans une carrière à l’entrée de Sarlat (Dordogne). Propriété de l’entreprise Veyret, il était équipé d’une benne d’enrochement Meiller. Doté d’un IPN en lieu et place de son pare-chocs, le véhicule avait de surcroît reçu un cadre de protection de cabine réalisé en profilés soudés à section carrée de bonne taille, le protégeant en cas de retournement mais le mettant aussi à l’abri des chutes de blocs. Le 32.281 DH de 26 tonnes de PTAC et 32 tonnes de PTC tech-nique est le premier modèle de 6 x 4 à capot importé par Volkswagen-MAN après la dénonciation des accords MAN-Saviem en 1981. Propulsé par un six cylindres D 2566 MK de 11,41 litres délivrant 280 chevaux DIN à 1 900 tr/mn auquel fait suite une boîte ZF 16 K 130 à 16 rapports avec médiateur, il est muni de la cabine H9 à capot basculant vers l’avant, la même que celle des Saviem 26.240 DH.

• Le DMAH de la brasserie
C’est à Isigny-sur-Mer (Calvados) que Philippe Daubeuf de Vittefleur (Seine-Maritime) a photographié ce DMAH. Ce véhicule appartient à Jérôme Étasse qui est le fils et petit fils des transports Étasse. Il a créé une brasserie à Sainte-Mère-Église à laquelle ce DMAH sert d’enseigne. Le véhicule a été repeint de neuf et a bénéficié de marquages exécutés à la main par un peintre en lettres qui lui confèrent un cachet inimitable. Son moteur est un quatre cylindres à essence THU 3 de 2 142 cm3 à culasse en Alpax développant 50 chevaux à 3 000 tr/mn, associé à une boîte à quatre rapports. Affichant un PTC de 4 tonnes pour une charge utile de 2 tonnes, le DMAH doté de freins hydrauliques est fabriqué à 19 000 exemplaires environ d’octobre 1946 à juillet 1948.

• Splendeurs bressanes
En juillet 2018, Michel Laurençon a remarqué deux véhicules stationnés pour la fête foraine de Saint-Bernard dans l’Ain à côté de Villefranche-sur-Saône. Il s’agit de deux véhicules bien connus appartenant à un forain de Bourg-en-Bresse (même département). Le premier est un Saviem SM 340 VT 6 x 4 dont la cabine a été plusieurs fois modifiée du fait de la corrosion qui avait fait son œuvre. Ainsi, ses vitres de custode ont été occultées et il a hérité d’une calandre en ABS de PS 30. Il arbore néanmoins toujours son immatriculation originelle d’octobre 1976. Repeint de neuf il y a quelque temps, il est aujourd’hui encore dans un magnifique état. Le SM 340 VT 6 x 4 est présenté aux Mines pour réception en octobre 1973, il remplace le SM 300 VT dont il se distingue par son moteur V8 MAN D 2858 M4 de 15,45 litres et 335 chevaux SAE et par son tandem arrière MAN HD 7 à double réduction avec réducteurs planétaires dans les moyeux. La boîte est une Saviem 350 à 10 rapports. Comme ce dernier cependant, il est réceptionné à 22 tonnes de PTC seulement et 38 tonnes de PTR. Dans la pratique et avec des pneus de 12.00 x 20, les SM 340 VT seront souvent employés en transports lourds avec des valeurs de PTC et de PTR supérieures.

L’autre camion du même forain de Bourg-en-Bresse a été acquis d’occasion en mai 1997. Il arbore lui aussi un superbe état. Il s’agit d’un Renault R390.26  T 6 x 4 à cabine couchette, un modèle équipé d’un V8 MIVR 08.35.30 de 14,88 litres et 389 chevaux  DIN et d’une boîte Renault B 18 à 16 rapports + deux extra-lents. Apparu en 1987, le R 390.26 T 6 x 4 est réceptionné à 80 tonnes de PTR. Il est équipé de la cabine KB 2480 évolution avec déflecteurs aérodynamiques latéraux et sellerie bleue.

• Ma vie en Saviem
Ce beau Saviem JL 20 carrossé en plateau à ridelles bâché basculant par Marrel avait été restauré par un marchand de bâches des environs de Montauban (Tarn-et-Garonne). Passé en Bretagne, il a ensuite été racheté par Bruno Darras qui l’a revendu récemment à Roger Lesenfant du Creusot (Saône-et-Loire), qui apprécie particulièrement les Saviem JL et JM et qui, après les voir conduits durant des années, s’était juré d’en posséder un un jour. Mis en circulation en 1963, ce camion est une relative rareté car il est équipé d’un six cylindres turbo Somua D 615 HS de 180 chevaux. 55 exemplaires de porteurs turbo sortiront d’origine mais ici, le moteur turbo a été monté a posteriori. Sur sa calandre, ce camion en parfait état abore la mention « ma vie » réalisée avec des lettrages de Saviem SM…

• Disparu
En août 2012, ce Saviem SM 170 dans son jus était encore garé sur le parc d’un négociant en véhicules utilitaires de Chignin (Savoie). C’est là que Christophe Équy du Cannet (Alpes-Maritimes) l’a photographié. Carrossé en benne transporteur avec grue Hiab, il portait une immatriculation d’août 1974. Ce véhicule a disparu depuis. Espérons qu’il vit toujours, même s’il y a peu de chances pour que ce soit le cas. Lancé dès avril 1968 avec la gamme Europe, le SM 170 est un maxi-Code optimisé. Son PTC est de 19 tonnes mais son moteur est un six cylindres D 0836 HMN 80 de 7,03 litres et 165 chevaux, remplacé à partir du Salon 1970 par un D 0846 HMN 84 à la cylindrée augmentée à 7,258 litres et développant 170 puis 180 chevaux. La boîte est une Saviem 330 à six rapports. Le SM 170 a pour concurrent les Berliet GCK 205 puis GR 190 et les Unic P 170 A puis A2.

• En retraite ?
Dans la cour d’une entre-prise de charpentes de Reyrevignes (Lot), Michel Boissier de Figeac (même département) a remarqué cet Unic P270 A2 à châssis long équipé d’un plateau avec grue. Immatriculé en septembre 1970 dans l’Aveyron, le véhicule est complet et plutôt en bon état et avec très peu de corro-sion, ce qui est rare. À ce titre, il mériterait d’être sauvé. Introduit en mars 1970, le P 270 A2 remplace le P 270 A dont il reprend toute la mécanique et notamment le moteur, un V8 M 62 S de 10,766 litres et 270 chevaux SAE, et la boîte Unic à huit rapports avec médiateur. À l’époque, ce maxiCode de 19 tonnes totales est le concurrent des Berliet GR 260 et GR 280, des Saviem SM 260 et SM 280 TU, du Henchel F 191 LB, du Magirus-Deutz 230 D 19 FL ou encore du Mercedes LP 1924.

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