1 | Digne représentant des « mille pattes » italiens, ce Fiat 690 N3 de 1967 équipé d’une benne transporteur est tout simplement sublime.
Les 1er et 2 juin, une trentaine de camions anciens se sont donné rendez-vous à Suse en Italie pour parcourir l’un des axes classiques du transport routier italien : la route nationale 24 du Monginevro.
Avant l’ouverture de l’autoroute A 32 Turin-Bardonecchia, c’était l’une des principales routes reliant le nord-ouest de l’Italie à la France. La manifestation a été organisée par le cercle italien des camions historiques (Circolo italiano camion storici).
Les véhicules, répartis en trois groupes pour ne pas gêner le trafic, ont commencé la remontée de la vallée avec les Scale di Susa (les « échelles » de Suse), la spectaculaire séquence de virages qui mène de la ville de la Basse vallée à Gravere. De là, à mi-côte, les convois ont poursuivi leur route vers Chiomonte, Exilles, Salbertrand, Oulx, Cesana, Claviere et le village jumeau de Montgenèvre, juste au-delà de la frontière française. Le parcours après la frontière s’est achevé au premier rond-point, où les véhicules ont fait demi-tour pour reprendre la « 24 » en direction de Suse.
Parmi les véhicules participants, qui appartenaient tous à des collectionneurs du nord-ouest, figuraient des pièces rares comme un 682 N avec cabine no 2, modèle de transition produit seulement pendant quelques mois en 1955, et un 682 N2 de seconde série avec moteur de 10,676 litres. La carrosserie du Fiat 690 N1, une benne basculante généralement montée sur des châssis 6 x 4, et les deux Fiat 619, tous deux en version tracteur lourd T1P, étaient également insolite. Le Volvo FL 10 6 x 4 était lui aussi assez rare sur les chantiers italiens car, à son époque, les camions de carrière italiens étaient principalement des Iveco, des Mercedes et des Renault. L’OM 150 rappelle la brève parenthèse des poids lourds de Brescia à moteur Unic tandis que la série des Iveco 190 était bien représentée avec l’un des derniers 190.35 marqués OM, le premier modèle suralimenté 190.38 et deux Turbostar aux sommets de leur gamme : un 190.36 de 377 chevaux pour les six cylindres et un 190.48 de 476 chevaux pour les V8. Parmi les petits figuraient un OM Orsetto et deux exemplaires de son héritier, l’OM 40. Un seul petit car a participé au rallye, un car de tourisme Tundra de la carrosserie modénaise Orca, produit à l’époque à une vingtaine d’exemplaires environ…
3 | Le Fiat 690 N1 est un modèle 6 x 2 à deux essieux directeurs qui se verra le plus souvent monter un quatrième essieu directeur par des carrossiers ialiens. Celui-ci, qui date de 1961 a conservé sa configuration d’usine et reçu une benne Farid, une originalité sur ce modèle. Il tracte une remorque porte-engin construite par Bertoja. Sobrement restauré mais très fidèle à l’origine, il est magnifique.
4 | Ce Fiat 697 N 6 x 4 de 1974 à cabine fixe, moteur de 13 litres et tribenne Farid est un pur Fiat, comme en témoigne sa conduite à droite. Mais son propriétaire lui a rajouté un monogramme Unic. Il est photographié au col de Mongenèvre.
5 | Photographié aux « échelles » de Suse, ce Fiat 619 T1 P appartient à la deuxième série de 1974. Il s’agit d’un tracteur lourd qui sera souvent utilisé pour les transports internationaux en Italie. Ce modèle sera également largement exporté.
6 | Passons chez OM avec ce petit Orsetto de 1968 équipé d’une bétaillère et photographié à Claviere. À l’époque, l’Orsetto (ourson en italien) est le modèle le plus léger de la gamme OM, d’où sa monte arrière simple.
7 | Équipé de la benne transporteur proposée d’usine, cet OM vu à Claviere est un modèle Tigre de 1960, que l’on retrouvera aussi à quelques exemplaires en France mais avec une conduite à gauche.
8 | L’OM 150 de 15 tonnes de PTC ne sera pas importé en France. Celui-ci, typiquement italien avec sa direction à droite, date de 1967. Équipé d’une benne transporteur, il est animé par un six cylindres Unic M 42 S de 8,075 litres et 200 chevaux SAE, rebaptisé CUS 1 chez OM.
9 | Ce porteur 6 x 2 avec troisième essieu directeur Viberti ferait courir plus d’un collectionneur en France. Mis en circulation en 1980, c’est l’un des derniers modèles marqués OM, en l’occurrence un 190 OM 35 à moteur V8 de 352 chevaux. On le voit ici aux « échelles » de Suse.
10 | Surpris au même endroit, cet Iveco fait déjà partie des classiques. C’est un 190.36 6 x 2 Turbostar à moteur six cylindres trurbo de 377 chevaux datant de 1988. Carrossé en plateau à ridelles, il est doté d’un essieu arrière Iveco relevable mais non directeur.