• Escapade Corse
Mathis Girandon, le petit-fils de Marc Girandon, fidèle lecteur de Charge Utile, nous a transmis quelques photos prises par son grand-père durant « ses escapades ». En Corse, ce dernier a ainsi surpris ce Saviem S 7 carrossé en benne transporteur et qui semble avoir passablement souffert. Immatriculé neuf en octobre 1964, alors que le département portait encore le numéro 20 sur les plaques, ce camion est propulsé par un six cylindres Perkins 6.354 de 5,8 litres et 126 chevaux SAE, assorti d’une boîte à cinq rapports. Son PTC est de 10,950 tonnes. Présenté en 1963, le S 7 est l’un des premiers modèles à être doté de la nouvelle cabine 810 qui sera ensuite étendue à toute la gamme basse Saviem. À l’époque, le S 7 est le grand concurrent du Berliet GAK 65 et de l’Unic MZ 36 CA Saverne.

• Abreuvoir à hélicos
Toujours en Corse, Marc Girandon a immortalisé ce Berliet GAK 5, l’un des deux exemplaires équipés en 1964 en citerne d’avitaillement pour hélicoptères et livrés à la gendarmerie nationale. Dommage que Marc n’ait pas pris un peu plus de recul pour son cliché. Ce camion de 9,3 tonnes de PTC est animé par un quatre cylindres M 410 C de 4,9 litres et 100 chevaux à injection Magic. Il s’agit d’un des derniers châssis de GAK 5 produits, ce modèle étant remplacé en 1964 par le GAK 60 de 10,5 tonnes de PTC équipé du nouveau quatre cylindres M 420/30 qui sera monté sur le Stradair l’année suivante.

• En attente de restauration
Michel Pringault, qui habite l’Orne, a photographié en octobre 2018 chez un ami résidant à proximité de Vichy (Allier) ce Berliet GBK que son propriétaire envisage de restaurer. Il semble que l’on ait affaire à un GBK 75, modèle réceptionné en 1966 à 13tonnes de PTC et animé par un quatre cylindres M 420 de 6,3 litres et 120 chevaux, relayé par une boîte FBVB à cinq rapports (une ZF à six rapports est disponible en option). Fabriqué à quelque 2 312 exemplaires, le GBK 75 succède au GBK 6 et il est remplacé en octobre 1969 par le GBK 80 de 13,3 tonnes qui bénéficie en série puis en option d’un pont arrière P 921 à double réduction avec réducteurs dans les moyeux. Concurrent du Saviem SM 8, le GBK 75 sera une infatigable bête de somme.

• Première série
Dernièrement, de retour de Chignat en direction de Chauriat (Puyde- Dôme), Sébastien Prugnard de Combrailles (même département) a remarqué les quartiers d’hiver d’un forain où se trouvait garé ce porteur Saviem de 19 tonnes de PTC carrossé en fourgon. De toute évidence, il s’agit d’un JL 20 de première génération qui a perdu ses barres de calandre en aluminium. Curieusement, ce véhicule est doté d’une cabine 840 avec les nouvelles ailes anguleuses en partie arrière mais ses roues, des modèles à disque à jante amovible, sont celles des exemplaires d’avant-série, identiques à celles des JL 19. Ce camion réimmatriculé en avril 1967 doit donc dater de 1958. Son moteur est le six cylindres D 615 H de 9,3 litres et 150 chevaux d’origine Somua. Il paraît encore en bon état…

• Bel Hotchkiss
Renaud Sicard d’Athis-Mons (Essonne) nous a fait parvenir un lot de photos prises il y a une vingtaine d’années par Fabrice Guinard, un jeune homme malheureusement décédé depuis. Parmi ces clichés figure celui-ci, manifestement pris en Alsace, qui montre un camion Hotchkiss de 2,5 tonnes utiles, carrossé en plateau à ridelles en bois et qui paraissait encore en bel état. Réceptionné en février 1952, le PL 25 succède au PL 20 et s’en distingue par un empattement allongé, un PTC augmenté de 500 kg à 4,7 tonnes, une conduite à gauche et non plus à droite et quelques retouches esthétiques dont l’adoption de phares « obus ». Doté d’un quatre cylindres à essence de 2,312 litres et 62 chevaux, le PL 25 est le principal concurrent du Citroën 23 RU et du Renault 2,5 tonnes.

• Faux parisien
Dans un bois de Saint-Michel-de-Villadeix (Dordogne), Jean-Marie Deglane de Périgueux (même département) a découvert plusieurs véhicules appartenant à une ancienne scierie doublée d’une exploitation forestière, les établissements Dupont frères. Le premier est ce porteur Mercedes 1928 de 1980 environ. Curieusement réimmatriculé en décembre 2005 à Paris, ce véhicule doté de la cabine profonde optionnelle et de roues de 22,5 pouces a été carrossé en benne entrepreneur avec grue. Animé par un V8 atmosphérique OM 422 de 14,62 litres et 280 chevaux DIN relayé par une boîte à huit rapports avec extra-lente, il affiche un PTC de 19 tonnes. En 1979, le 1928 prend la suite du 1926 à moteur OM 402 de 256 chevaux.

• Destruction en règle
Parmi les autres camions présents sur le même site figure ce Berliet GLM 10 M2 qui a visiblement eu moins de chance que le précédent. Abandonné aux intempéries, ce pauvre camion datant de 1961 environ a subi les assauts de la corrosion avant de prendre un arbre sur sa cabine. Des vandales ont terminé le travail en brisant tout ce qui était possible de l’être. Bilan : seuls le moteur et quelques éléments mécaniques sont à présent récupérables. Présenté au Salon 1960, le GLM 10 M2 succède au GLM 10 M dont il conserve toute la mécanique, à commencer par le six cylindres Magic de 9,5 litres et 180 chevaux et la boîte à 2 x 5 rapports avec relais manuel. Il bénéficie de la cabine M2 dont le capot restylé rajeunit sensiblement le style mais dont le confort demeure assez précaire, notamment en termes d’insonorisation et d’espace intérieur. En 1963, la cabine M3 supprimera tous ces inconvénients.

• Déraillé
Un fidèle lecteur connu sous le sobriquet de Ch’ti normand a découvert ce tracteur rail-route dans la cour de la gare d’Allanche (Cantal), qui semble à présent se limiter au rôle de « pot de fleurs ». L’engin se trouve encore dans un très bel état de présentation. Il s’agit d’un tracteur navette Latil Batignolles TL 22 équipé du quatre cylindres Saviem Fulgur réalésé de 4,985 litres et 85 chevaux. Né chez Saviem en septembre 1962 sous le type TL 22/40, ce modèle voit sa fabrication poursuivie chez Latil Batignolles après la cession par le constructeur de Suresnes de ses activités tracteurs forestiers et dérivés. Cet engin atypique à quatre roues motrices et directrices (les roues arrière sont ici bloquées) dispose de deux postes de conduite en vis-à-vis, d’un circuit pneumatique doté de plusieurs réservoirs de grande capacité pour le véhicule et aussi pour les wagons et d’un circuit hydraulique avec quatre vérins permettant de mettre en contact les roues ferrées avec les rails en agissant sur deux mécanismes plutôt complexes et d’apparence très solides…

Publié le

Photos

Droits réservés