1 | Chez Komatsu, la vedette reste inévitablement le D 575, le plus puissant bulldozer produit en (petite) série au monde. Il ne figure plus au catalogue aujourd’hui, probablement faute d’un marché suffisant pour rentabiliser les investissements.
Tracteurs à chenilles et bulldozers remarquables. Komatsu est un nom synonyme de machines originales et de qualité. Depuis 70 ans, cette entreprise a produit de nombreuses machines qui sortent incontestablement de l’ordinaire.
2 | Ce prospectus donne une idée des productions Komatsu au début des années soixante. La diversification est de règle et tout ne figure pas sur ce document. Le D 250 à relevage de lame par câble tient la vedette. C’est alors le produit phare de l’entreprise japonaise.
3 | Ce tracteur G 40 est exposé dans l’enceinte de l’une des usines Komatsu au Japon. Les premiers modèles sont produits dès la fin des années trente mais celui-ci daterait de 1948. Il constitue, avec un T 25 également exposé, l’ancêtre de toute la production Komatsu actuelle. (Cliché P. Haguenauer)
Entreprise japonaise de renommée mondiale, Komatsu fabrique son premier tracteur à chenilles au cours des années trente. Après la Seconde Guerre mondiale, le constructeur travaille dur pour se hisser au niveau des meilleurs. Sa gamme se développe et inclut rapidement un nombre très important de modèles, dont certains n’ont pas d’équivalent chez les concurrents. Ce sont ces machines que le présent article a l’ambition de présenter.
4 | Dès 1953, Komatsu produit quelques tracteurs à chenilles et la plupart sont équipés d’une lame de poussée. Il faut attendre le début des années soixante pour voir arriver ce D 120 de 225 chevaux. Il restera le plus puissant bulldozer de la gamme Komatsu durant quelques années. Ce modèle est encore doté d’une lame manœuvrée par un treuil et un câble.
Les premiers tracteurs à chenilles et bulldozers
Il semble qu’il n’y ait pas de survivants parmi les tracteurs à chenilles Komatsu fabriqués avant la Seconde Guerre mondiale. Après cette dernière, il faut attendre le début des années cinquante pour que soit reconstitué un outil de production industriel sommaire chez Komatsu, et que la production soit relancée. Les moteurs adoptés résultent d’une collaboration avec Cummins qui se poursuivra durant de longues années. La dénomination Cummins-Komatsu s’estompe progressivement pour laisser la place à Komatsu seulement.
5 | Le D 10 S est un minuscule chargeur à chenilles de 2,58 m de long doté d’un moteur Komatsu développant 20 chevaux. Sa transmission n’offre que deux rapports avant. L’engin pèse 2 tonnes.
6 | Le D 20 A est donc le plus petit bulldozer de Komatsu. Il est d’abord doté d’un moteur Isuzu de 32 chevaux, puis sa puissance grimpe à 35 puis 41 chevaux. Il est alors doté d’une transmission isostatique Hydroshift. En fait, il est surtout livré en version P à basse pression au sol. Son poids dépasse à peine les 3 tonnes.
Les micro-tracteurs à chenilles
Il est assez surprenant de constater qu’une entreprise de l’importance de Komatsu, qui a par ailleurs fabriqué les plus puissants bulldozers au monde, construit également de toutes petites machines. Il est vrai que le minuscule D 10 S de 20 chevaux n’a existé qu’en version chargeur. Le plus petit bulldozer est donc le D 20 A de 32 chevaux. Il y a longtemps que ces modèles ont disparu du catalogue.
7 | Ce D 30 P de 61 chevaux p.se 6 800 kg. Grâce à des patins de 66 cm de large, la pression au sol est de 0,26 kg par cm2 seulement. Certains modèles afficheront une pression au sol encore plus faible. Les patins de chenilles sont de section triangulaire pour augmenter la flottaison et éviter l’arrachement. La largeur des lames est augmentée en conséquence. Ici elle atteint 2,75 m.
8 | Cet autre bulldozer à faible pression au sol travaille au nivellement d’une rizière. Ici, les patins sont plats.
Les tracteurs à chenilles à très faible pression au sol
Le Japon est un archipel montagneux avec de nombreuses zones plus ou moins marécageuses et aussi de grandes surfaces aménagées en rizières. Il y a donc un marché important pour des engins à faible pression au sol. Chez Komatsu, les variantes appelées P des tracteurs à chenilles et bulldozers sont prévues pour de faibles pressions grâce à des chenilles allongées et dotées de large patins. Certains sont également munis de patins de section triangulaire présentant une adhérence moindre et évitant leur pénétration dans le sol.
9 | Le F 105 est un engin chenillé doté d’un moteur Toyota de 105 chevaux. Il pèse 2 400 kg et son système de suspension évite les vibrations. La pression au sol est de 0,096 kg/cm2 seulement. La longueur de l’engin est d’un peu plus de 4 m, soit les dimensions d’une voiture de tourisme.
Les véhicules d’exploration sur chenilles
Rares sont les grosses entreprises qui produiront ce type d’engin. En effet, leur marché est faible et aléatoire. Dans les années soixante et soixante-dix, Komatsu conserve plusieurs modèles de ce type à son catalogue, dont les KC 20 de 112 chevaux et F 105 de 105 chevaux. Il est probable que ces engins seront achetés principalement par l’armée et la sécurité civile.
10 | Le WD 140 est un Tournadozer construit sous licence. Il est légèrement différent du modèle d’origine avec des lignes plus carrées et probablement un moteur Komatsu.
11 | Le WD 600 est un gros pousseur doté d’un moteur de 485 chevaux. Sa vocation semble être principalement de gérer les gros stocks de matériaux comme le charbon.
12 | Le WD 900 est le dernier modèle introduit par Komatsu. Son moteur développe 853 chevaux et son poids atteint 100 tonnes. Les WD 600 et WD 900 sont naturellement dérivés de chargeuses articulées.
Les pousseurs sur roues
Dans le large éventail de matériels proposé par Komatsu, on trouve toujours un bouteur sur roues en complément des bouteurs à chenilles. Le premier date des années cinquante ; désigné WD 140, c’est un LeTourneau Tournadozer produit sous licence. Bien plus tard est introduit le WD 600 de 485 chevaux et 43 tonnes. Il a plus récemment été épaulé par le WD 900 de 853 chevaux pesant 100 tonnes.
13 | Komatsu fabriquera de très nombreux chargeurs à chenilles à moteur à l’avant. Ils se reconnaissent à la lettre S de leurs désignations. Parmi ceux-ci, ce D 155 S de 350 chevaux est sans doute le plus gros engin de ce genre ayant existé. Les chargeurs à chenilles courants se cantonnent le plus souvent dans des puissances de 80 à 150 chevaux.
14 | Pour débroussailler et épierrer les terrains, la lame-râteau fait partie des équipements courants d’un tracteur à chenilles. Ici, elle est montée sur un D 50 de 86 chevaux sorti d’usine durant les années cinquante.
15 | Ce même tracteur est ici doté d’une étrave à neige très haute limitant terriblement la visibilité.
16 | Komatsu propose des équipements pour enterrer les câbles électriques ou les tuyaux de drainage. Un tracteur à chenilles peut ainsi recevoir un soc à l’arrière et un porte-touret à l’avant. Ailleurs, des machines spéciales à vitesse lente et longues chenilles sont le plus souvent produites par des entreprises spécialisées.
Les équipements spéciaux
Les tracteurs à chenilles peuvent s’adapter à des fonctions bien précises grâce au montage d’équipements spéciaux. Komatsu a conçu et développé de tels équipements mais d’autres seront achetés à des fournisseurs spécialisés.
17 | Ce modèle est relativement simple. Il s’agit d’un tracteur D 125 entièrement habillé d’une carapace étanche. Doté à l’avant d’un godet chargeur 3 en 1 et à l’arrière d’un ripper, il est télécommandé par l’opérateur que l’on voit à droite. Les tubes verticaux, l’un pour l’aspiration de l’air, l’autre pour l’échappement, lui permettent de travailler jusqu’à une profondeur de 4 ou 5 m. La photo a été prise en 1969.
18 | Voilà le même D 125 photographié au cours d’une démonstration, également en 1969. D’autres tracteurs à chenilles plus gros seront habillés de la même façon pour ces missions très spéciales.
19 | Ici, ce bulldozer sous-marin peut travailler jusqu’à 60 m de profondeur. Il ne s’agit plus d’interventions pour des travaux côtiers mais de la récolte de nodules métalliques jonchant certains fonds marins. Un navire de surface est équipé pour alimenter cette machine en air, eau et carburant. Un câble monté sur un enrouleur automatique permet de guider la machine. Des systèmes de repérage, des projecteurs et une caméra facilitent le travail. Le moteur développe 170 chevaux.
20 | Ici, on peut voir le bulldozer sous-marin du dessus. Trois appendices permettent la communication avec la surface. À l’arrière, on distingue le câble de guidage, au milieu les alimentations en fluides et devant la sortie des gaz d’échappement.
Les bulldozers sous-marins
Komatsu a acquis une renommée importante pour avoir conçu et fabriqué des bulldozers sous-marins utilisés pour des travaux d’aménagement le long des côtes japonaises. Deux types en seront réalisés. Le premier modèle travaille sur des hauts fonds et respire grâce à des tubes verticaux. Le second peut travailler jusqu’à des profondeurs de 60 m et il est relié à un navire de surface.
21 | Le D 475 reste le plus gros bouteur de la gamme Komatsu avec une puissance de près de 900 chevaux. Ce modèle a été photographié en 2010. Il est équipé d’une lame en U adaptée au transport de déblais sur une assez longue distance.
Les bulldozers géants
Pour exploiter un marché très spécial et aussi pour renforcer son image de marque, Komatsu cherche à fabriquer les bulldozers les plus puissants au monde. Il s’agit des modèles D 475, puis D 555 et enfin D 575. Le D 475 est introduit en premier, dès 1975, avec un moteur de 650 chevaux. Après le retrait du D 575, il reste le bulldozer le plus puissant du constructeur japonais. Son moteur actuel développe tout de même 890 chevaux pour un poids de 110 tonnes. Le D 555 est présenté au début des années quatre-vingt. Son moteur développe plus de 1000 chevaux. Il restera au stade de prototype et seulement deux exemplaires en seront construits. Quant au D 575, il est introduit en 1994. Suivant les versions, son moteur développe de 1050 à 1165 chevaux. Il est retiré du catalogue en 2012.
22 | Le D 555 a tout pour faire sensation lors de sa présentation : moteur de 1000 chevaux et esthétique extraordinaire. La cabine est complètement séparée du compartiment moteur.
23 | La cabine du D 555 est fortement décalée vers la gauche, ce qui améliore la visibilité sur cette extrémité de la lame. En revanche, l’opérateur ne voit rien de ce qui se passe devant dans l’axe de la machine. Les commandes paraissent relativement simples.
24 | Ce D 575 travaillait à Las Vegas en 1999 pour le déroctage d’une zone pavillonnaire où l’emploi de l’explosif était interdit. La machine semblait pouvoir tirer la dent du ripper de près de 3 m de haut sans effort dans ce rocher dense.
25 | Le D 575 est tellement énorme qu’un exploitant australien a fait monter une nacelle hydraulique latérale pour accéder à sa cabine ! (Cliché K. May)
26 | Dans la cabine du D 575, le siège conducteur a presque des allures de trône. Il ne faut cependant pas se faire d’illusions, malgré la masse de la machine, dans certains types de terrain, l’opérateur est tout de même bien secoué.