1 et 2 | Voici ce que découvre l'heureux visiteur en pénétrant dans le hangar. Et encore, quand ce cliché est pris, tout ce qui se trouvait devant a déjà été débarrassé. En effet, les véhicules sont serrés les uns contre les autres et entourés d'un fatras indescriptible de palettes, planches de bois, pièces mécaniques, meubles, machines et appareils divers, etc. Hubert était très conservateur.
Avec les contraintes de plus en plus drastiques imposées en matière d'environnement, les contrôles de la Drire, les plaintes de voisins indélicats ou encore l'urbanisation, il ne faut plus trop compter découvrir une épave dans un champ ou dans une forêt. Les seules nouvelles apparitions de véhicules anciens sont désormais les « sorties de grange » et elles sont rares, encore beaucoup plus quand il s'agit de camions. Aussi celle à laquelle nous avons récemment participé constitue-t-elle un véritable événement. Récit.
Les transports Tissot naissent au début des années cinquante à Cousancelles, commune de Cousances-les-Forges dans la Meuse. Le premier véhicule est un Bernard CA 4 LW carrossé localement par un artisan de Saint-Dizier (Haute-Marne), ville distante de seulement quelques kilomètres. Suivent des Berliet GLR 8 dont un, chose rarissime, sera transformé en 6 x 2, un Bernard 6 x 2 de 150 chevaux, un Berliet GRK 10 et un GR 200. Les premiers ensembles semi-remorques arrivent au début des années soixante. C’est d’abord un Berliet TLM 10 M2 puis un TLM 12. Puis Hubert Tissot achète successivement trois Büssing, dont un LS 13.11 N et un LS 13.11 D à long capot et un BS 19 S 270 à cabine avancée et moteur de 270 chevaux. Puis le patron reviendra aux Berliet (TLR 250 a, TR 280, TR 320…) avant de terminer sa carrière de transporteur avec des Renault R.
Amoureux des camions, Hubert a toujours conservé une partie de ses premiers camions qu’il a remisés dans ses hangars, et ce alors que ses véhicules modernes étaient garés dehors… Hubert a malheureusement tiré sa révérence récemment. Pour son épouse et sa fille, il fallait trouver une solution, les choses ne pouvant rester en l’état. Les véhicules étant tassés dans une partie des hangars, quasi inaccessibles, il a été décidé de les sortir et de les ranger dans les autres travées devenues vacantes, dans l’optique de les vendre. C’est ainsi que, le mercredi 22 mars dernier, une petite équipe, dont Brigitte Tissot-Dupont, la fille d’Hubert, deux anciens chauffeurs de la maison (Jean-Marie Brasi et Xavier Gontier), Pascal Henrion, dépanneur et transporteur de Maulan (Meuse) et votre serviteur, s’est retrouvée à Cousancelles pour l’opération.
La journée a été chargée d’émotion, et pour cause : presque tous les véhicules concernés n’avait pas mis le nez dehors depuis cinquante ans… Parmi les onze véhicules garés à Cousancelles, la plupart ont déjà trouvé preneur. Restent le Berliet GLR 8 6 x 2, le GLR 8 a, le Bernard CA4 LW, le Bernard 6 x 2, le Büssing BS 19 S 270, le Saviem SG 4 L 59 et un GMC à pelle Poclain…
Les amateurs intéressés peuvent joindre Brigitte Tissot-Dupont au 06 07 30 31 65.
1 et 2 | Voici ce que découvre l'heureux visiteur en pénétrant dans le hangar. Et encore, quand ce cliché est pris, tout ce qui se trouvait devant a déjà été débarrassé. En effet, les véhicules sont serrés les uns contre les autres et entourés d'un fatras indescriptible de palettes, planches de bois, pièces mécaniques, meubles, machines et appareils divers, etc. Hubert était très conservateur.
3 | Première mission, sortir le Willème. C'est un LD 610 T à « nez de requin » et cabine profonde UC, acquis par Hubert en août 1963 mais mis en circulation, a priori en Moselle, en octobre 1959. Ce beau tracteur entièrement dans son jus possède encore ses protections de radiateur pour l'hiver…
4 | Quel bonheur ! Malgré quelques rares traces de corrosion, la peinture du Willème est intacte avec ses lettrages exécutés à la main par un peintre en lettres…
5 | Voilà la bête à l'extérieur, pour la première fois depuis cinquante ans. Les guide-ânes sont encore bien en place pour aider le conducteur à savoir où il pose ses roues…
6 | Tout est intact. On admirera la finition apportée aux feux arrière, indicateurs de changement de direction et autres feux de gabarit.
7 | Les deux Büssing à capot sont des modèles dérivés des Commodore allemands et conçus pour le marché français. À ce titre, ils sont dotés d'un pont arrière de 13 tonnes de capacité. Le premier est un LS 13.11 N à moteur six cylindres S 11/200 à préchambre de combustion. Fort d'une cylindrée de 11,413 litres, ce dernier développe 200 chevaux DIN à 2 100 tr/mn. Sa boîte de vitesses à 2 x 6 rapports est commandée par deux leviers, une « tricoteuse » à l'allemande en quelque sorte. La cabine couchette affiche une belle finition, comparable à celle des cabines Pelpel contemporaines, fabrication artisanale oblige. Ce camion a été acheté neuf en août 1966.
8 | Le second Büssing à capot est un LS 13.11 D, dernière version du modèle bénéficiant d'un moteur à injection directe, un six cylindres S 11 D de 11,58 litres développant 210 chevaux DIN à 2 100 tr/mn. Sa boîte de vitesses compte également 2 x 6 rapports mais le médiateur est ici à commande pneumatique. Ce tracteur a lui aussi été acquis neuf, en avril 1968.
9 | Là encore, la finition est exemplaire : ailes arrière, plate-forme derrière la cabine, portique porte-flexibles, protections de feux arrière, etc.
10 | Le Büssing le plus récent est un BS 19 S 270 à cabine avancée basculante, propulsé par un six cylindres S 12 D de 12,316 litres délivrant 270 chevaux SAE (240 chevaux DIN) à 2 200 tr/mn. La boîte est une ZF AK 6.80 avec relais GV 80 à commande pneumatique donnant 2 x 6 rapports. À l'époque, Büssing propose le même modèle avec un turbo pour une puissance de 320 chevaux SAE (280 chevaux DIN) et une boîte ZF AK 6.90. En dépit de quelques attaques de corrosion en partie basse, il reste très sain. Livré neuf en mai 1971, il est équipé d'un déflecteur aérodynamique de pavillon.
11 | Derrière le Willème LD 610 T apparaît le Bernard, un 150 MB 19 CB6.53 6 x 2 de 1954.
12 | C'est à son tour d'être sorti du hangar avec soin pour ne rien abîmer. Avec son Manitou Maniscopic, Pascal Henrion a effectué un travail remarquable durant toute la journée. Rien n'aurait pu se faire sans son aide.
13 | Couvert de poussière, le Bernard a de l'allure. Sa caisse plateau à ridelles bâché en bois dur est intacte et la bâche est d'époque. La demi-joue de capot de capot gauche, absente sur ce cliché, est bien là.
14 | Le véhicule affiche une longueur totale de 11 m tout de même. Il est muni d'un crochet de remorque et d'un porte-roue de secours latéral arrière. Hubert Tissot l'a acquis d'occasion en mars 1968.
15 | À l'intérieur de la cabine Pelpel 2, les souris se sont délectées de la mousse du matelas de couchette. Le reste n'a pas bougé.
16 | Coincé derrière un pilier du hangar, le Berliet GLR 6 x 2 ne sera pas sorti. Il s'agit d'un GLR 8 2e série extra-long mis en circulation en août 1953. Acquis par Hubert Tissot en août 1963, il est transformé en 6 x 2 par allongement de son porte-à-faux arrière et greffe d'un pont de GLR prélevé sur un autre GLR gravement accidenté et vidé de sa mécanique. Dûment réceptionné aux Mines, le véhicule affiche un PTC porté à 23 tonnes.
17 | Toujours remisé à l'abri, ce camion unique se trouve dans un état tout à fair décent. L'entr'axe des essieux arrière est assez important du fait de l'adoption de ressorts à lames classiques pour chacun des deux essieux. Ce GLR est doté d'une caisse bâchée à ridelles en acier.
18 | En novembre 1976, Hubert Tissot rachète ce Saviem SG 4 L 59 d'occasion datant de février 1969. Équipé d'une benne transporteur Decauville, ce petit camion de 5,950 tonnes de PTC en très bon état est propulsé par un quatre cylindres Saviem 817 de 2,6 litres et 78 chevaux.
19 | Le hangar principal abrite également un Citroën 23 RU à ailes plates datant de 1946 et portant encore sa réimmatriculation de février 1951 dans le nouveau système. Repeint il y a quelque temps, il est en bon état.
20 | Garé sous un hangar ouvert, le CA 4 LW, premier camion de la maison, a beaucoup souffert, la toiture ayant été endommagée par la tempête de 1999. Sa cabine, avec un pare-chocs descendant plus bas que le modèle d'origine, a été réalisée par un artisan de Saint-Dizier, les établissements Cornibert. Mais le véhicule est encore complet et arbore fièrement ses lettrages d'origine.
21 | Si la cabine est décrépite, la belle caisse en bois du CA 4 LW a bien traversé les années. Un amateur pour restaurer ce véhicule, à vendre pour un petit prix ?
22 | Il faudra beaucoup de courage à un éventuel amateur pour restaurer le GLR 8 a garé près du Bernard CA 4 LW car la corrosion a dévoré sa cabine. Immatriculé neuf en décembre 1953, ce camion à caisse bâchée en bois a été acquis par les transports Tissot en septembre 1968.
23 | Un autre hangar ouvert abrite la semi-remorque savoyarde du Willème, elle aussi complète et 100 % d'époque. C'est une Fruehauf NC 1022 D à un essieu de juillet 1959.
24 | Près de la semi précédente se trouve ce GMC CCKW 353 A1 à ponts split équipé d'une pelle Poclain TU, à vendre pour un petit prix.