1 | Guy Vallier a tenu à effectuer l’ascension
du col de l’Iséran avec le même
véhicule qu’il y a quarante ans, un
Scania LB 110 T Super qu’il a restauré
il y a peu, ce qui rajoutait encore à la
nostalgie.
Il est un célèbre Savoyard dans le monde du camion de collection, connu pour sa passion des bahuts mais aussi pour sa gentillesse. Après lui avoir fêté ses 70 printemps par surprise en compagnie d’une partie de ses amis collectionneurs, une promesse lui avait été faite : « On va se faire le col de l’Iseran ! ».
C’est en août 2020 que la promesse allait se réaliser. L’idée était de faire l’ascension de ce fameux col comme Guy Vallier l’avait effectuée 40 ans auparavant lors d’une livraison. Un convoi d’une douzaine de camions est donc parti en août dernier d’Aigueblanche (Savoie), direction : le passé… Récit.
« La bonne humeur, le beau temps et surtout des paysages à couper le souffle sont au rendez-vous. Guy part en tête pour guider le convoi de camions multimarques datant des années soixante à nos jours. Le pilotage est assez délicat sur ces routes sinueuses et étroites. Coup de chapeau à Corentin Brusque qui maîtrise le Berliet GLM 10 M2 familial alors que l’encre sur son permis poids lourd est encore fraîche ! L’ascension est extraordinaire par le décor et par le spectacle de ces veilles mécaniques avançant sur ces routes pittoresques. L’émotion grandit au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude. Le convoi arrive maintenant au sommet du col de l’Iseran, à 2 770 m au-dessus du niveau de la mer. Les camions sont garés et c’est une mini-exposition éphémère qui attire des gens étonnés de voir ce patrimoine mécanique encore chaud ici au milieu de cette nature sauvage.
Le moment est émouvant. Guy a les yeux qui brillent, et il n’est pas le seul ! Tous les copains veulent immortaliser le passage de Guy devant la stèle de ce col mythique. Comment ne pas être ému de pouvoir faire cette photo de Guy au volant de son magnifique Scania LB 110 T qu’il vient juste de restaurer. En effet, notre héros du jour avait lui-même photographié le même modèle au même endroit, il y a plus de 40 ans ! La promesse est tenue. Ce moment restera inscrit dans nos mémoires. Une fois la photo faite, notre guide entame la descente sur Bonneval-sur-Arc pour atteindre notre deuxième objectif : le col du Montcenis.
Après une pause pique-nique bien méritée, la deuxième ascension peut commencer. Le lieu est mythique pour les vétérans comme pour les plus jeunes. Pour le touriste lambda, il offre un panorama magnifique. Pour nous, c’est un passage vers l’Italie lourd de bons mais aussi de mauvais souvenirs. Nous marquons une pause sur le parking de l’ancienne douane pour refroidir les bielles des moteurs et réhydrater les chauffeurs. Nous sommes tous à l’écoute de nos routiers. Guy, Robert et Christian ont vécu cette période avant l’ouverture du tunnel du Fréjus. C’est une autre époque qui nous est racontée. Cela nourrit notre curiosité et nous impose le respect…
Puis le convoi rebrousse chemin en direction de Modane puis du petit village d’Aussois. C‘est dans un des cinq vieux forts du 19e siècle aménagé en refuge que notre joyeuse équipe passera la nuit. Le lendemain matin, le convoi s’arrête à Modane chez les transports Jaquemmoz pour une pause café. La famille au complet réunie autour du fondateur est là pour nous accueillir. C’est encore un moment de convivialité et de partage. Des photos sont prises. C’est une fierté de pouvoir faire plaisir à ces passionnés savoyards. Nous les remercions pour leur simplicité et leur amitié. Le retour à Aigleblanche se fera par le col de la Madeleine. C’est un passage plus mythique pour les cyclistes que pour le monde du transport routier. Encore un magnifique trésor de la région. Le tour se termine en Tarentaise autour d’une bonne table où l’amitié est fêtée comme il se doit.
Ce week-end aura été intense en émotion et, vous l’avez compris, l’amitié est le ciment de notre passion des camions. Un immense merci à toute la famille Vallier pour avoir organisé ce tour de Savoie et pour avoir réalisé cette fameuse promesse… »
2 | Fort des 305 chevaux de son six
cylindres turbo, le L 111 T de Guy piloté
par Fabrice Bettembourg n’a guère de mal
à gravir les côtes du parcours.
3 | En revanche, le Berliet GLC 6 R de
Sébastien Palpacuer, conduit par son
père, n’affiche pas la même puissance
et l’ascension s’effectue à allure réduite.
4 | Petite halte pour laisser les mécaniques
respirer. Le GLC 6 R de Seb pointe
fièrement le bout de son museau au côté
du GAK 65 de Jérôme Imbert.
5 | Au même endroit, deux générations de
tracteurs cohabitent l’espace d’un instant.
6 | Les épingles se succèdent au milieu
d’un paysage encore verdoyant. Plus haut,
la roche remplacera l’herbe…
7 | Le sommet est proche. Le TLR de
Sébastien et le GLM 10 M2 de la famille
Brusque — qui arbore fièrement les couleurs
du département du Gard — font
parler leurs 180 chevaux.
8 | Et voilà enfin le panneau tant
attendu… Tous les chauffeurs, surtout
ceux au volant des véhicules les plus
anciens, l’ont espéré, tout en scrutant
constamment le manomètre de température
d’eau au tableau de bord…
9 et 10 | 40 années séparent ces
deux clichés. Le premier a été pris en
1970 par Guy Vallier, qui conduisait
alors un Scania LB 110 T Super identique
à celui avec lequel il est revenu
aujourd’hui. Séquence émotion, et pas
que pour lui…
9 et 10 | 40 années séparent ces
deux clichés. Le premier a été pris en
1970 par Guy Vallier, qui conduisait
alors un Scania LB 110 T Super identique
à celui avec lequel il est revenu
aujourd’hui. Séquence émotion, et pas
que pour lui…
11 | Les camions sont garés au col en
bord de route, la promesse a été tenue…
12 | Comme l’ascension, la redescente s’effectue
au milieu de paysages grandioses.
13 | Au sol, des inscriptions peintes par
des supporters de John Degenkolb, un
coureur cycliste allemand, rappellent
que le Tour de France est passé par là…
14 | Pour éviter les problèmes mécaniques,
Guy a prévu des haltes régulières
sur le parcours.
15 | La route qui mène au col de l'Iseran
est une légende pour les routiers. Pour
atteindre le col, les tracteurs ont dételé
leurs semi-remorques. Ici, le GLM 10 M2
de la maison Brusque vient de négocier
une épingle, suivi par le Mercedes
LPS 1319 B de Laurent Bres et le Magirus-
Deutz Pluto 200 S de Bernard Pialla.
16 | Photographié lors d’une courte halte
durant l’ascension, le beau TLR 10 M de
Sébastien se détache sur fond de montagnes.
Les joues de capot ont été déposées
pour que la chaleur du moteur puisse
s’évacuer au mieux durant l’épreuve que
constitue l’ascension.
17 | Au même endroit, Guy prend la pose
auprès des deux Berliet.
18 | Deuxième étape du parcours, le col
du Mont Cenis est atteint. Les mécaniques
peuvent souffler un peu.
19 | Et de deux ! Les véhicules sont garés
l’espace d’un moment sur le parking de
la douane au col du Mont Cenis.
20 | A priori, les équipages des véhicules
ne sont pas les premiers à franchir le col,
mais ce sont certainement les premiers à
le faire en camions anciens.
21 | Belle brochette de Scania, garés
sur le parc des transports Jacquemmoz
à Modane. De gauche à droite, ce
sont le L 110 T de Loïc Chaboutier de
Moutiers, le L 111 T de Frédéric Chasson,
le L 111 T et le LB 110 T de Guy Vallier et
un R 480 LA 4 x 2 MNA à cabine Topline
des transports Jacquemmoz…
22 | La France répond à la Suède avec
une jolie brochette de six cylindres
Berliet. De gauche à droite, on reconnaît
le TLM 10 M2 de Christian Cathelin, le
GLM 10 M2 des Brusque père et fils et
le TLR 10 M à cabine Tropic de Sébastien
Palpacuer.
23 | Presque une photo de carte postale…
Le L 111 T de Fred s’est arrêté
pour profiter du magnifique panorama…
CHARGE UTILE 339. Mai 2021 • 25
PROMESSE SAVOYARDE
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