1 | L’un des véhicules les plus attachants de la vente (à notre avis évidemment) n’est pas militaire. C’est un Dodge WF 2 construit aux États-Unis et importé en France dans le cadre du plan Marshall en 1946. Ce véhicule carrossé en plateau brasseur arbore
encore sa décoration aux couleurs de l’eau d’Évian. Utilisé naguère par un négociant en boissons de la Somme,
il est complet mais non tournant.
Les réserves d’un grand musée en vente. Ce n’est pas tous les jours qu’une vente aux enchères est organisée pour la vente de véhicules en provenance des réserves d’un musée, qui plus est quand ce dernier constitue une référence dans son domaine. En mai prochain, Aiolfi et Caen enchères devraient ainsi créer l’événement…
2 | Discret mais complet et en bon état, ce petit camion Citroën est un 11 U 12 de 1200 kg de charge utile datant de 1936 environ.
3 | Dérivée de la voiture de tourisme 402, la camionnette Peugeot MK 5 de 1 200 kg de charge utile en reprend toute la mécanique, et notamment le quatre cylindres THU 2. Ce rare exemplaire de 1936 en châssis nu est en état de marche.
Ouvert depuis trois ans maintenant, le MM Park France est véritablement un lieu hors du commun. Fort de quelque 7 000 m2 d’exposition, c’est l’un des plus grands musées d’Europe dédiés à la Seconde Guerre mondiale. On peut y admirer plus de 120 véhicules, un avion et même une vedette allemande de 20 m à flot, installée dans un bassin de base de la Kriegsmarine reconstruit à l’identique. En dépit de projets d’agrandissement, la place commence à manquer dans les réserves et dans l’atelier de restauration, c’est pourquoi la direction du musée a décidé de se séparer d’un certain nombre de doublons.
4 | Entièrement dans son jus d’époque, ce petit camion Renault AHS 4 de 1946 appartenait aux établissements Jean Font, un crémier et magasin d’alimentation de Prades (Pyrénées-Orientales) qui l’avait réimmatriculé en avril 1951 dans le nouveau système. Son moteur est non tournant et sa boîte a été démontée.
5 | Ce Laffly S 20 de 1940 est un ancien véhicule de transport de troupe. Il est complet en mécanique et tournant mais sa caisse d’origine a cédé la place à une benne.
Quelque quarante lots provenant du musée seront prochainement proposés aux enchères, parmi lesquels des véhicules, des blindés, des remorques et des pièces détachées de canon, auxquels viendront s’ajouter d’autres véhicules provenant de collections européennes, dont une dizaine de véhicules allemands issus d’une collection italienne.
6 | Cette curieuse dépanneuse originaire de Normandie faisait partie de la collection Roudeix. Basée sur un châssis de Laffly S 20 raccourci dont le pont arrière extrême a été supprimé, elle a reçu un treuil, un pont avant de Laffly S 15, un moteur de Citroën 23 RU, une chèvre de dépannage et une cabine vraisemblablement d’origine britannique, des ailes avant de Dodge, un tableau de bord de camion US, ainsi que des éléments de tôlerie de véhicules allemands avec portepelle. C’est une belle illustration du système D français pour redémarrer l’activité en France avec des épaves laissées par les armées après les combats destructeurs de la Libération dans cette région.
7 | Cette voiture de commandement Mercedes 260 (code de fabrication W11) a été fabriquée en 1934 pour la Reichswehr. Après la naissance de la Wehrmacht l’année suivante, les commandes augmenteront puis passeront sur des modèles plus puissants, des 320 entre autres. C’est un Kubelwagen, version militaire simplifiée de la berline, plus adaptée au combat. Ce type de véhicule fabriqué par plusieurs grands constructeurs est très onéreux à produire et sera remplacé à partir de 1941 par le modèle construit par Volkswagen, beaucoup plus économique. Cette version a été produite à 1 507 exemplaires seulement, de 1934 à 1936, et fort peu ont survécu à la guerre. Cet exemplaire a été restauré en mécanique par un garage spécialisé, puis en carrosserie par son propriétaire actuel. Un maximum d’éléments d’origine ont été sauvegardés ; la sellerie et la bâche sont neufs.
8 | Cette Volkswagen Kubelwagen est un modèle de début de production (début 1941, numéro de série à peine supérieur à 4 000) et l’un des plus anciens exemplaires connus. Jamais restaurée, juste vaguement maquillée, elle constituera une base de restauration exceptionnelle pour un amateur pointilleux.
9 | L’Opel Blitz est le camion allemand le plus produit durant la guerre avec plus de 82 000 exemplaires en version 4 x 2, mais seulement 25 000 en version 4 x 4, d’où l’intérêt de ce Blitz 3.6-6700 A, la lettre A signifiant Allrad, c’est-à-dire tous-terrains. Construit en 1941 à Russelheim chez Opel, il a été abandonné en Italie après la guerre puis utilisé comme dépanneuse par un garage. La caisse arrière a été refaite au standard Einheits, c’est à dire du modèle simplifié à partir de 1941. Restauré en mécanique et fonctionnel, il conserve certains détails d’origine dans la cabine, en plus du tableau de bord, dont des marquages sur le châssis de banquette.
10 | La vente comptera également un semi-chenillé OT 810, copie tchèque du SdKfz 251 allemand, en parfait état de marche mécanique. Il a été remis aux standards allemands pour participer à des tournages de films et des reconstitutions. Le résultat est bluffant.
Plus de la moitié des engins présentés sont tournants, c’est-à-dire que les moteurs ont été démarrés et les engins essayés, un gage supplémentaire de sérieux pour les collectionneurs. Parmi les lots non illustrés dans cet article figurent notamment une remorque allemande de la Luftwaffe, un groupe électrogène de la Wehrmacht, une cuisine roulante française Mle 38, un Laffly V 15 T, une autre camionnette Citroën 11 U 12 d’avant guerre, une Jeep, une remorque Rogers M19, un canon de char Priest, un avant-train de canon 4 cm Bofors allemand, un châssis de Pak 40 provenant de la collection Roudeix en Normandie et des pièces d’affut de 2 cm Flak 38 (toutes les armes lourdes présentées à la vente sont neutralisées aux normes européennes 2020, que ce soit les armes de bord ou le canon de Priest). Rendez-vous est donc donné début avril pour la mise en ligne du catalogue, et le 10 mai pour la vente, prévue dans les locaux du Musée à La Wantzenau, mais qui pourrait se dérouler en ligne pour cause de coronavirus. Les amateurs trouveront plus d’informations sur le site www.aiolfi.com, celui du commissaire priseur Caen Enchères, et sur Interenchères.
11 | Ce très beau Dodge T 214 WC 57 command car a été restauré dans sa configuration d’origine ; il est complet et en état de marche.
12 | La plupart des dépanneuses Ward-LaFrance 1000 serie 5 qui ont survécu ont été transformées et usées par des décennies d’usage civil. Issue de l’armée française, celle-ci est complète et en parfait état.
14 | Cette belle automitrailleuse M8 sur Ford GAK a été restaurée. Elle est complète et tournante.
13 | Superbe véhicule que ce tracteur d’artillerie britannique Morris Quad, complet avec ses équipements intérieurs pour l’équipage et son treuil.
15 | Copie de la Jeep Willys MB américaine, cette rare Gaz 67 soviétique de 1945 est complète et en bon état.
16 | Dans le domaine des blindés, la vente comprendra deux coques de char très présentables, dont une de Shaffee et une d’un rare Priest M7, et ce char soviétique SU 100 tournant. Le SU 100 est le char le plus lourd de l’armée soviétique de la Seconde Guerre mondiale. Il est ici vu dans l’atelier de restauration pour y être redémarré en vue de la vente. C’est une pièce exceptionnelle, rare dans cet état.